
Le 19 août, le monde entier rend hommage aux travailleuses et travailleurs humanitaires qui, chaque jour, risquent leur vie pour venir en aide aux populations en détresse. Le thème retenu cette année invite à honorer la mémoire des humanitaires tombés en service et à réclamer une meilleure protection des personnels et des structures de santé, dans un contexte mondial où l’espace humanitaire ne cesse de se réduire.
Au Burkina Faso, cette journée résonne avec une acuité particulière. La crise sécuritaire et humanitaire qui frappe notre pays depuis 2015 continue d’exposer des millions de personnes, dont une majorité de femmes et d’enfants, à l’insécurité alimentaire, à la malnutrition et au déplacement forcé. Dans ce contexte, chaque acteur compte : l’État, les agences internationales, mais aussi et surtout les communautés elles-mêmes.
C’est cette conviction qui anime GRADEL Afrique depuis sa création : l’action humanitaire la plus durable est celle qui s’enracine dans la participation citoyenne et la gouvernance locale. Dans nos zones d’intervention principales (Bankui, Sourou, Yaadga, Guiriko, Tannounyan), nous croyons que ce sont les communautés elles-mêmes, organisées et outillées, qui portent les réponses les plus pérennes aux crises qu’elles traversent.
Notre conviction se traduit très concrètement sur le terrain par :
- La participation citoyenne, en plaçant les femmes, les jeunes et les personnes déplacées au cœur de la conception et de la gestion de nos projets, comme à Ourobonon, Lapara, Nouna, Siby, Boromo etc.
- La gouvernance locale, en renforçant les capacités des collectivités et des organisations de proximité à porter, suivre et pérenniser leurs propres initiatives de développement, en lien avec les cadres légaux et institutionnels en vigueur, ceci à travers nos accompagnements et appuis multiformes aux organisations locales en particulier celles dirigées par les femmes.
- Des solutions durables et endogènes couplées au Triple Nexus à travers l’agroécologie, le maraîchage, l’agriculture hors sol, la valorisation des ressources locales, l’emploi, la santé communautaire, la promotion de technique de construction d’abris avec des matériaux locaux et des artisans locaux etc., en somme, toutes choses qui réduisent la dépendance à l’aide extérieure et renforcent la résilience des ménages face aux chocs futurs.

C’est l’occasion pour notre organisation de saluer l’effectivité du Plan de mise en œuvre du Reset Humanitaire au Burkina Faso. Ce Plan qui s’appuie sur les travaux du Comité technique ad hoc, mis en place par l’Equipe Humanitaire Pays (EHP), auquel GRADEL Afrique a pris part au titre du Secrétariat permanent des ONG (SPONG) et au compte des ONG Nationales, où l’une des décisions phares est de canaliser une part bien plus importante des financements vers les acteurs de première ligne, c’est-à-dire les acteurs locaux. Notre organisation enttend participer activement à l’opérationnalisation des quatre axes appelés les « quatre D » à savoir : Définir, Délivrer, Déléguer et Défendre.
Pour nous au GRADEL Afrique, une réponse humanitaire endogène n’est pas une réponse au rabais : c’est une réponse qui dure, parce qu’elle s’appuie sur ceux qui connaissent le mieux leurs propres réalités. Protéger l’action humanitaire, c’est aussi investir dans les capacités locales à agir par elles-mêmes.
En cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, GRADEL Afrique rend hommage à toutes celles et ceux qui, sur le terrain, portent l’espoir malgré le danger, et réaffirme son engagement à faire de chaque communauté un acteur, et non un simple bénéficiaire, de sa propre résilience.
« Pensons Globalement Agissons Localement »
ZALLE Barguissa, Présidente du Conseil d’Administration de GRADEL Afrique